Les Transports



Les Transports aujourd’hui
Durant la dernière décennie, les transports, terrestres, maritimes, ou aériens, ont connu une véritable explosion. Pourtant, ils doivent aujourd’hui être remis en question, car ils sont liés à une énergie du pétrole en déclin, et ils participent fortement à l’émission de Gaz à Effet de Serre. Faisons ici un petit point sur l’évolution de ces transports, et leur utilisation actuelle…

Chiffres et définitions

Deux grands types de transports existent et se gèrent différemment : le transports de marchandises et le transports de passagers. En Europe, depuis le début des années 1900, les volumes de transports ont enregistré une croissance cons-tante, à un rythme comparable à celui de l’économie, soit près de 20 % pour le transport de passagers, et environ 30 % pour le fret.
Le transport routier reste le plus utilisé. En passager/km (nombre de kilomètres parcourus par l’ensemble des passagers) il représente 96 % du trafic mondial. L’évolution du nombre de véhicules en circulation dans le monde est aussi en forte croissance, soit 300 millions de véhicules au milieu des années soixante-dix pour plus de 900 millions aujourd’hui. Chaque année, il se construit plus de 60 millions de véhicules. Concernant le fret transporté par route, il a doublé au cours des vingt dernières années, et a surtout fortement augmenté les distances de transport. Le réseau autoroutier a par exemple été étendu de plus de 12 000 km en Europe en près de dix ans, et il ne cesse de croître. Chaque jour, 10 hectares de terrains sont recouverts des infrastructures routières.

Le développement le plus marqué est celui du transport aérien, alors que celui-ci est (nous le verrons) le plus polluant. En moins de 20 ans, le transport aérien de passager a doublé, et celui des transports triplé. Dans les deux cas, les transports interna-tionaux connaissant la plus forte croissance (deux fois plus importante que les vols intérieurs).
25 000 avions se croisent quotidiennement au-dessus du sol européen, et ce chiffre pourrait doubler tous les 10 ans…

Le transport par voies navigables (maritime ou fluvial), autrefois noyau de tous les échanges, continue de jouer un rôle important dans les échanges mondiaux. Il repré-sente encore 70 % des échanges entre l’Europe et le reste du monde. Dans la dernière décen-nie, son taux de croissance était de 27 %, contre 35% pour le routier. Le transport fluvial est particulièrement adapté aux masses importantes sur de longues distances, et aux matières dangereuses (produits chimiques).

Le rail a lui très peu participé à cette croissance. En Europe, tandis que la politique commune de transport visait à combler les fossés entre pays, vis-à-vis des réseaux routiers et ferroviaires à grande vitesse, l’étendue des infrastructures de rail conventionnel continuait de diminuer.

Problèmes et évolutions

Bien qu’en perpétuelle croissance, le trafic mondial ne semble pouvoir perdurer comme il s’organise aujourd’hui, d’abord parce qu’il est basé sur l’énergie pétrolière, ensuite parce qu’il participe au réchauffement climatique.

A ce jour, 98 % de l’énergie utilisée pour faire avancer les moyens de transports est constitué de pétrole, les autres 2 % étant, par ordre d’importance, l’électricité, la biomasse, le charbon, et le gaz.

L’utilisation, quasi totale, de pétrole pose deux problèmes. D’abord le problème de la ressource limitée de pétrole, celui-ci étant probablement au début de son déclin de production (voir lignes d’horizons n°4). L’autre problème est envi-ronnemental, la combustion du pétrole étant fortement émettrice de CO2, principal gaz à effet de serre contribuant au réchauffement climatique de la planète.
Les transports mondiaux utilisent en effet la moitié de la production mondiale de pétrole (contre un tiers au début des années soixante-dix), et cette proportion devrait aller en augmentant. Tout le système mondial des transports étant basé sur le pétrole, le jour où le pétrole disparaît ou devient trop cher, la mobilité des biens et des personnes deviendra quasi impossible…

L’autre problème est que ces transports représentent plus du quart des émissions de CO2 (28 % des émissions européennes). Les transports routiers représentent à eux seuls 84 % des émissions de CO2 imputables aux transports. Ils sont le fait à 57 % des voitures particulières, à 17 % des véhicules utilitaires, et à 26 % des poids lourds.
Pourtant le transport routier a fait un grand effort pour diminuer cette pollution. Avant même de parler de réchauffement climatique, les grandes agglomérations étaient touchées par les polluants nocifs émis par les véhicules routiers. Depuis la mise en place de nouvelles mesures au début des années 1990, les émissions de polluants réglementés ont diminué de 24 à 35 %. Mais le simple fait de la croissance des transports a annulé les effets de cette diminution par véhicule, et les émissions totales de CO2 ont augmenté de 20 %. Les engagements pris par l’industrie automobile en vue de réduire les émissions de CO2 générées par les véhicules arrivent à échéance en 2008/2009. Il convient donc de relancer ces actions, en les élargissant aux camions, et en s’assurant que les phases de tests correspondent aux condi-tions de conduite réelles et prennent en compte l’utilisation de certains équipements comme les climatiseurs.

L’utilisation de l’électricité comme énergie pour le rail, permet à ce transport d’être le moins polluant. Mais cela ne prend pas en compte comment se fabrique cette électricité, et surtout le fait que l’électri-fication du réseau ferroviaire est encore loin d’être totale. En France, le gazole représente encore 23 % de la traction, et
10 % du kilométrage parcouru quotidiennement par les 14 000 trains de voyageurs et de fret. Si la politique ferroviaire en Europe s’est longtemps basée sur le développement des trains rapide, il semble qu’aujourd’hui un désir d’étendre le réseau, et de permettre des échanges avec les autres types de transports soit le nouvel ordre du jour. On envisage également une dimi-nution de 50 % de l’émission de polluants, et une augmentation de 50 % de l’efficacité énergétique.

Le transport aérien est le plus polluant, et le plus en développement. Il devrait représenter 8 % du trafic mondial en 2010. Pourtant un vol aller-retour Paris/New-York génère en moyenne une tonne de CO2, contre 700 kg pour
5 000 km pour une voiture. Le réseau aérien s’est développé en préférant la multiplication des vols (horaires plus fréquents, trajets plus précis), et en délaissant les gros porteurs pourtant moins polluants si on prend en compte le nombre supérieur de passagers. Les avions construits actuellement n’apportent aucune solution face à cette pollution, pourtant ils devraient rester en activité pendant les 30 prochaines années… De plus, l’avion, comme le maritime international, n’entre pas dans le cadre réglementaire du protocole de Kyoto.
D’autre part, hormis le kérosène à base de pétrole, aucune forme d’énergie utilisée de nos jours n’est assez puissante pour répondre aux besoins énergétiques d’un avion. Ce devrait être l’un des défis actuels : faire voler un avion sans utiliser de pétrole, mais personne ne semble s’en préoccuper…

Le transport maritime et fluvial apparaît pour beaucoup comme la solution pour diminuer l’importance du routier et de l’aérien, notamment en développant de nouveaux réseaux fluviaux destinés soit à mettre en relation l’ensemble des moyens de transports, soit à alléger certaines régions saturées par le routier.
Le transport fluvial possède la plus forte efficacité énergétique : un kilo de pétrole permet de déplacer 127 tonnes par voies fluviales (contre 50 tonnes pour un camion, et 9 tonnes pour un wagon de voies de chemin de fer). La contenance d’un Porte-conteneurs (135 mètres de long et 17 de large) permet de transporter autant que 470 camions.
Mais la faible densité des réseaux maritimes et fluviaux, la durée du transport, les frais portuaires encore existants, empêchent ce transport de s’afficher comme avantageux pour les entreprises commerciales.

Le transport est un des principes fondamentaux de la mondialisation de notre planète. Il est aujourd’hui possible de se rendre au bout du monde en quelques heures, et cela est merveilleux. Mais malheureusement il apparaît évident (au moins aux yeux des moins avertis) que les systèmes de transports actuels ne pourront se maintenir tels quels pendant plus de 50 ou 100 ans. Le manque de pétrole, et le besoin de plus en plus indispensable de cesser l’émission de Gaz à effet de Serre, nous obligeront à modifier nos modes de déplacements. Les solutions de remplacement sont loin d’être déjà prêtes, aucune énergie convenable pour l’ensemble des transports ne semble aujourd’hui existé (solaire, hydrogène,…) et aucun nouveau moyen de transports à grand échelle n’a réellement été réfléchi et étudié … Comment nous déplacerons-nous en 2050, cela reste encore un mystère.

William Cherbonnier


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