L'éolien a de l'avenir !?!
C’est un fait, l’énergie éolienne suit une croissance mondiale accrue depuis ces dernières années. Ce secteur en pleine croissance devrait créer environs 20000 emplois sur les 5 prochaines années. Cette croissance est le fruit de traités internationaux sur l’environnement comme le protocole de Kyoto mais ce n’est pas tout. Beaucoup d’industriels ont pris conscience des avantages de l’éolien car cette énergie est pour l’instant la seule à correspondre aux critères écologiques, mais aussi économiques, sociale et technologiques (sécurité assurée et approvisionnement sans limites).
Ce n’est pas seulement une énergie « propre », sans émission de gaz à effet de serre et sans production de déchets ( les installations étant complètement démontables en fin de cycle d’utilisation), cette énergie est aussi une source de développement locale importante permettant la création de nombreux emplois, particulièrement en milieux rural et agricole.
En France, cette énergie permettra de subvenir aux besoins toujours plus grand en terme d’électricité, en témoigne le pic de consommation de février 2005 : 86 GW, un record. D’ici 2008, la France sera dans l’obligation de produire 1000 W supplémentaires pour équilibrer l’offre avec la demande et c’est pourquoi, l’état (en accord avec RTE, filiale d’EDF) vise une augmentation de la part de l’éolien dans la consommation électrique de 21% d’ici 2010, la part du nucléaire ne devant pas augmenter avant 2015.
Pourtant, le 16 mars 2005, la Commission des affaires économiques, de l'environnement et du territoire a adopté deux amendements dont le vote définitif dans la loi d'orientation sur l'énergie signifierait un coup d’arrêt notoire dans le développement de l'énergie éolienne en France. Le premier de ces amendements stipule en effet que ne peuvent bénéficier, en métropole continentale, du tarif d’achat prévu pour l'énergie éolienne par la loi du 10/02/00 que les très grandes installations (supérieures à 30 MW) situées dans des « zones de développement » définies par le Ministre en charge de l’énergie à l’issue d’un processus extrêmement long, aléatoire et semé d’embûches. Le second amendement revient, pour la troisième fois en deux ans, sur le seuil de l'enquête publique, supprimant le seuil de 2,5 MW actuel pour une hauteur de 30 mètres, pales comprises, assujettissant ainsi toutes les éoliennes, même les plus petites installations, à cette procédure.
Ces amendements sont en totale contradiction avec la définition même de l’éolien qui est une énergie décentralisé dont les caractéristiques des installations doivent être adaptées à leur environnement. Dans ce cas, il s’avère difficile d’adapter ces méga-installations à leur environnement. De plus, cela limitera le nombre d’acteurs économiques car seules les grosses sociétés seront capable d’assumer la gestion de tels parcs. Les engagements de la France vis à vis de la part de l’éolien qui doit être de 21% en 2010 ne sont pas non plus respectés. Cette part de 18% en 1990 est déjà tombé à 13% en 2003 et cela signifie que la production énergétique s’appui essentiellement sur l’énergie fossile , augmentant ainsi notre dépendance vis à vis du pétrole et du gaz et l’augmentation des rejets gazeux à effet de serre.
Face à cela le SER (Syndicat des Energies Renouvelables) et la FEE (France Energie Eolienne) ont immédiatement réagi auprès des Députés et de la presse publiant une lettre au premier ministre au lendemain de l’adoption des deux amendements, ainsi qu’un communiqué de presse publié le 21 mars. D'innombrables initiatives ont été prises localement ou au niveau national montrant le caractère inacceptable de ces amendements, comme WWF, la fondation Nicolas Hulot et Greenpeace.
Une lettre ouverte est parue dans Le Monde le 24 Mars 2005 à l’attention de tous les députés ainsi qu’à l’attention du premier ministre, du ministre de l’environnement et du développement durable et du ministre délégué à l’industrie, mettant la France face à ses engagements et à ces responsabilités.
Les élus locaux de Bretagne et des Pays de la Loire ont montré leur indignation face à de telles mesures assurant que les projets de grande tailles ne compenserons jamais les projets de taille moyenne (60 projets en Loire Atlantique seraient stoppés par cette mesure)
Cette mobilisation a permis de changer l’obligation d’achat de 30MW à 20MW et une hauteur d’installation de 30 à 50 mètres.
Malgré cette forte mobilisation et quelques modifications non satisfaisantes apportés aux amendements, ils ont été adoptés le 29 Mars au Parlement.
La SER et la FEE s’en remettent donc au sénat qui examine ces textes entre le 2 et 4 mai , pour corriger les dispositions mises en place à l'Assemblée nationale.
Face à de telles évidence, nous sommes amenés à nous interroger sur les intérêts de tels mesures radicales : une réglementation harmonieuse, utile et cohérente serait si simple !
Logerais Benjamin
Livre d'Or
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