Histoire du Togo
L'Afrique de l'Ouest : une mosaïque de peuple
Il est souvent difficile pour un européens de comprendre l'histoire des pays africains. Vu de notre culture, l'Afrique semble divisée entre une multitude de peuples, de langues, de coutumes. Le Togo, l'un des plus petits états africains (56 790km2, 550km de long, 100km de large), est comme bien d'autres de ces voisins, composé de plus de 40 ethnies différentes. Comment expliqué cette richesses de peuples ?
L'Afrique est un continent qui a connu nombres évolutions depuis les premiers jours de l'humanité. Les premières zones d'occupations humaines se fixent en Afrique vers 8 000 avant notre ère. Les bouleversements climatiques (accroissement de la sécheresse) obligent l'hommes a s'adapter à son environnement, notament par l'adoption de nouvelles espèces animales ou végétales, ou le développement du travail du métal et de la pierre. Il est encore difficile de déterminer précisément les choix et les avancés faites par chaque groupe africain.
En Afrique de l'Ouest se développe une agriculture originale. Les plantes domestiqués sont nombreuses, provenant parfois d'autre région du monde, mais souvent faible en calorie, il s'agit alors d'organiser l'occupation de l'espace, centré sur un village, économe d'eau et de bois, pour que chaque groupe adopte une association de plante répondant durablement à ses besoins alimentaires.
C'est à propos de cette époque que l'on commence à parler d'une Afrique Noire, époque qui constitue, autant que dans d'autres région du monde, l'assise de tout ce qui va suivre.
Au cours de notre premier millénaire se développent en Afrique toutes une séries de pouvoirs et de sociétés complexes. L'Afrique de l'Ouest, au sud du Sahara, qui a la réputation, dés le Ve s. av J.-C., d'être la " Terre de l'or ", connaît plusieurs zone d'influence : la vallée du Niger, plus lointaine, et surtout la ville de Ghana à l'Ouest (dans l'actuel ...) et celle de Gao à l'est (dans l'actuel...) qui s'inposent comme intermédiaires entre les demandes d'or du Nord (Méditérannée) et les producteurs du Sud (dont le Togo actuel) pourtant jamais contrôlés par ces deux pouvoirs.
Pour l'ensemble de la région, les villages agricoles, ou les enclos d'élevage, constituent la base de l'organisation sociale et économique, souvent contrôlé par des pouvoirs à fort caractère religieux.
L'Islam, apparu aux VII et VIII siècle dans le Nord de l'Afrique, arrive en Afrique Noir au XI siècle. Les côtes ouest de l'afrique passe sous le contrôle des Almoravides espagnols, qui étendent leur influence vers l'Est, tandis que les Berbères, islamisés au X, créent d'important axes de relation économiques entre le Magrheb et le Sahel. A cet époque les "royaumes" de Ghana et de Gao perdent de leur importance, et d'autres pouvoirs apparaissent dans la région autour du XIV siècle. Au Burkina Faso actuel émerge un pouvoir fort, strucuturé et appuyés sur des guerriers : les Mossis. Maître des mines d'or et de cuivres, au sud de leur possessions, les Mansas (" roi ") du Mali deviennent la puissance dominante de l'Afrique occidentale. Cette nouvelle influence engendre à la fois la monétarisation de la région, et l'entrée de l'Afrique de l'Ouest dans les relations internationales. Des relations qui rapidement vont tourner à la domination de la région par les européens.
Les époques coloniales
D'abord, au XV siècle, l'afrique de l'ouest élargit ses partenariats avec les pays de l'Islam (Maroc, puis Empire Ottoman). Dans un second temps, l'encerclement par la mer du continent par les Portugais, puis par ces concurrents européens, crée de nouveaux réseaux. Réseaux qui engendrent souvent de nouveaux pouvoirs côtiers, rivaux dex plus anciens du Pays.
Ce n'est qu'à partir de cette époque que le Togo semble pouvoir écrire sa propre histoire. Avant l'arrivée des Européens, des royaumes semblaient exister, comme l'Atakpamé et le Notsé. Des changements brutaux se produisent alors en Afrique : début de la Traite des Noirs par les Européens, introduction d'armes à feu, avancée en savane de l'Islam. De nouvelles population arrivent sur les actuelles terres togolaises (les Gourma, les Kotokoli, les Tyokossi, etc.) et viennent dérangée les anciennes populations montagneuses (les Bassari, les Tamberna, les Kabiyés). Dans le Sud, s'établissent autour de Tado, les Ewés, qui, devenant trop nombreux, se dispersent vers l'Ouest jusqu'à la rive gauche de la Volta.
Du côté des Européens, les Portugais pratiquent à partir du XVIe siècle, un commerce actif à partir des côtes et développe la traite négrière autour du comptoir de Petit-Popo (actuel Anécho). Au XVIIIe siècle, les Danois puis les Hollandais et des esclaves brésiliens libérés apparaissent dans ce commerce côtier (tabac, rhum, tissus, traite des escalves), mais comme les Portugais ils ne pousseront jamais dans les terres.
Jusqu'au XIXe siècle, le Togo n'existe en fait pas tel qu'on le connaît aujourd'hui. Il est respectivement rataché pour sa partie Ouest au Gold Coast anglais (actuel Ghana) et à l'Est au Royaume Dahomey Français (actuel Bénin). En 1883, le chancelier allemand Bismarck décide arbitrairement d'imposer un protectortat sur les territoires togolais. En 1885, le Congrès de Berlin, qui délimite les zones d'influences économiques européennes en Afrique, attribue officiellement les côtes togolaises à l'Allemagne. Celle-ci s'empresse alors de faire valoir ses droits sur l'arrières pays, et annexent 85 000 km2. Ils fondent le port de Lomé, mettent en place une économie de plantation, font construire des infrastructures nécessaires à l'exploitation du pays. Ils font du Togo leur colonie modèle (Musterkolonie), et poussent les colons allemands à s'enfoncer dans les terres. Des révoltes de peuples locaux éclatent alors, les Kabiyés en 1890 et les Konkomba en 1897-1898, mais elles sont matées dans le sang.
Après l'éclatement de la Première Guerre Mondiale, une opération franco-britannique force les Allemands, retranchés à Atakpamé, à capituler dés août 1914. Français et Britanniques se partagent alors le territoire, partage confirmé par le Traité du 10 juillet 1919 qui fixe le Togo comme mandat de la Société des Nations, partagé entre le « Togo français » (partie nord et est; avec 56 600 km2) et le « British Togo » (partie Ouest, avec33 800 km2).
Dans le Togo français, qui deviendra l'actuel Togo, les Français s'efforcent de supprimer toutes traces de la colonisation allemandes (le français devient langue officielle, les togolais instruis par les Allemands sont écartés). Le Togo sous mandat français est traité comme s'il était inclus dans l'empire coloniale de la France.
Au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale, les Nations Unies récupèrent le mandat sur le Togo, et désignent un conseil de tutelle chargé de contrôler l'administration française. Dans l'esprit d'indépendance de l'après-guerre, les togolais sont parmis les premiers à travailler activement à l'évolution du statut de leur pays. Deux parties politiques s'opposent alors : le Comité de l'Unité Togolaise (CUT), dirigé par Sylvanus Olympio, partisan d'un Etat réunifié et autonome, et le Parti Togolais du Progrès (PTP), qui devient le Mouvement Populaire Togolais (MPT), demandant l'abolition de la tutelle et une association plus étroite avec la France.
En 1956, le Togo britannique est rattaché par référendum à la Côte-de-l'Or (ou Gold Coast), qui devient le Ghana au moment de son indépendance en 1957. Les Ewés, peuple du Sud, refuse la division de leur peuple, présent du Notsé à la Volta. Un éclatement qui nourrira par la suite des tensions périodiques entre le Ghana anglohone et le Togo francophone.
En 1958, un autre référendum, organisé par l'ONU, permet au Togo français d'accéder à l'autonomie en tant que république rattaché à la Communuaté Française. L'Union des Forces du Changement dirige alors le premier gouvernement autonome, et Sylvanus Olympio devient le chef du gouvernement. En 1960, il refuse l'offre du Ghana d'unir les deux pays, et obtient le 27 avril 1960 l'indépendance du Togo.
Le Togo indépendant
Au début des années soixante, Sylvanus Olympio met en place un régime présidentiel autoritaire qui suscite le mécontentement populaire. En Janvier 1693, le président Olympio est assassiné lors d'un putsch militaire auquel participe Gnassingbé Eyadéma. L'armée charge alors Nicolas Grunitzky de former un gouvernement provisoire et d'assumer les charges de Président. Mais en 1967, soutenu par la France, Etienne Gnassingbé Eyadéma réussi son coup d'Etat. Lieutenant de l'armée française, et sous façade de son seul parti politique autorisé, le Rassemblement du Peuple Togolais (RPT) en 1969, Eyadéma instaure une dicatature militaire.
Le régime Eyadéma sera pendant plus de trente un régim en étroite collaboration avec la France, un des membres premiers de ce que certain appel la « Françafrique », expression servant à désigner les relations ambigües que la France conserve avec ses anciennes colonies, afin de garder disponibles des matières premières et des états clients (un réservoir de votes) au sein des institutions internationnales. Comme dans d'autres pays africains, la France participe, par des financements occultes (notament par l'intermédiaire des firmes françaises chargées d'exploiter les matières premières) à la corruption de la république togolaise : contrôle des décideurs locaux, co-organisation de scrutins truqués, finacements des polices politiques, des gardes dictatoriales, interventions lors des révoltes locales, etc.
Eyadéma mène une politique alors assez simple. Il lance une campagne de « retour à l'authenticité », défendant les langues et les cultures africaines. Il base en même temps son pouvoir sur son etnies d'origine, les Kabiyés : 70% de l'armée est recrutée dans cette etnhie, la ville natale du président, Pya, est fait second capitale du pays, et un culte de la mère du président est instauré.
Face à ce régime, un premier attentat est manqué contre Eyadéma en 1986. De violentes manifestations se déclenchent alors à Lomé. La France intervient avec les troupes du président togolais et arrive tout juste à éviter la guerre civile et un conflit avec le Ghana, accusé de soutenir les opposants du régime.
En 1993, après un nouvel attantat manqué contre Gnassingbé Eyadéma, l'armée lance une campagne répression contre les opposants du régime, notament contre l'ethnie rivale des Kabiyés, les Ewé. Ces derniers sont alors obligés de fuir en masse vers le Ghana (prés de 100 000 réfugiés togolais) et le Bénin (130 000).
Après l'écrasement de ces tentatives de révoltes, le régime se renforce dans les années 1990. Les élections sont clairement truquées : les législatives de 1997 donnent une majorité absolue au partie de Eyadéma, et les présidentielles de juin 1998, comme celle de 2003, offrent au président Gnassingbé Eyadéma un nouveaux mandat.
La mort naturelle du plus ancien présdident africain en place, le ...février 2005, laissait espérer un renouveau de la politique du pays, et la possibilité de reconstruire une société qui jusqu'à présent n'était autorisé à vivre qu'en la personne de son président, et sous une tutelle bienveillante de la France.
Les événements actuels ne laissent plus grand espoir...
Livre d'Or
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