L'Océan - Une richesse en danger



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Ar(r)êtes ! - Poissons Menacés

Le banc des accusés

Selon la FAO, l’organisation des nations unies pour l’agricul-ture, un tiers des espèces pêchées est actuellement en voie de disparition tandis que la moitié a des difficultés pour se renouveler. La responsabilité en incombe bien évidemment à la surpêche, à la prise de poissons qui ne sont pas encore adultes et au non-respect des périodes de reproduction. Par ailleurs, bien que certains pays aient fixé des quotas, on estime aujour-d’hui que 20 % des poissons sur











le marché mondial sont issus d’une pêche illégale.

Mais les moyens de pêche, qui se sont modernisés dans les années 1960, contribuent aussi à l’épuisement de nos ressources.
En effet, la technique du chalutage, qui consiste à traîner un filet dans les profondeurs, détruit les fonds marins et l’habitat de certaines espèces. Cette technique multiplie égale-ment les prises accessoires, qui sont ensuite rejetées à la mer à demi mortes.
Quant aux espèces de profondeur recherchées, tels
le grenadier, le requin, le sabre ou l’empereur, elles ont une durée de vie plus longue, et donc










un cycle de reproduction plus lent, qui accroît le risque de leur extinction.

Devant la rareté des denrées de la mer, l’aquaculture s’est multipliée ces dernières années : elle représente actuellement 43% des poissons consommés.
Mais elle n’est pas exempte de tous problèmes non plus. La majorité des espèces produites sont carnivores et nourries avec des farines de poissons sauvages. De plus, les élevages produisent des déchets en grande quantité qui polluent les zones adjacentes et participent à la dissémination de maladies chez les poissons sauvages.









Echapper
aux mailles du filet

Contre l’épuisement de nos ressources, on ne peut qu’encourager le renforcement des quotas et la lutte contre la pêche illégale. Interdire à la pêche des espaces réservés pourrait également permettre aux poissons de se renouveler. La France en a donné un

exemple en 1999 à Bonifacio en créant une zone marine protégée afin d’assurer la survie du mérou, quasiment disparu à l’époque et aujourd’hui ayant retrouvé une population largement viable.
Mais ces réserves naturelles représentent aujourd’hui seule-ment 2 % de la surface des mers, bien loin des 40 % demandés par les associations écologiques, comme Greenpeace.

Il importe aussi que le consommateur, principal des-tinataire de la chaîne, prenne ses responsabilités et contribue à limiter les abus de la pêche par ses achats. Depuis 2002, une réglementation européenne impose de faire figurer sur l’étiquette le nom commercial de l’espèce, sa provenance et sa méthode de production. Mais ces informations sont souvent très larges et n’aident pas toujours le consommateur dans ses choix.


Cependant, des gestes simples permettent de préserver nos ressources :
-Connaître la liste des espèces en voie d’extinction ou issues de méthode de produc-tion qui ne respectent pas l’environnement, afin d’éviter de les consommer (voir ci-contre).
-Acheter des poissons de taille adulte (36 cm pour le bar, 11 cm pour la sardine, 27 cm pour le merlan, par exemple).
-Acheter des poissons issus d’élevages respectant l’environ-nement (l’aquaculture bio commence à se développer par exemple).
-Eviter de consommer des bâtonnets de poisson ou des poissons panés, qui sont constitués fréquemment de poissons pêchés illégalement.
-Varier ses sources de protéines et consommer davan-tage de protéines végétales : les féculents comme le pain, les


haricots rouges ou les lentilles peuvent alterner dans vos menus avec les protéines animales.

Prendre conscience des dangers qui pèsent sur nos ressources et changer nos comportements devant l’étal permettra alors d’éviter que du poisson, il ne nous reste que les arêtes.

Marie Hoornaert



La liste rouge
La liste des produits de la mer à ne plus consommer temporairement afin que leur survie soit assurée.

Le flétan, qui figure sur la liste rouge des espèces menacées selon l’UICN.
Le cabillaud, qui figure également sur la liste des espèces menacées.
Le merlu, pêché essentiellement par chalutage.
Les crevettes roses : elles sont pêchées au chalut ou issues d’élevages qui ne respectent pas l’environnement.
L’églefin, presque uniquement capturé par chalutage.
Le saumon de l’Atlantique : certains stocks de saumon sauvage sont épuisés. Quant à l’aquaculture, il faut environ 4 kg de poisson sauvage pour produire 1 kg de saumon d’élevage.
Le carrelet : menacé par la surpêche, les carrelets de grande taille sont désormais très rares.
Les espèces de profondeur : empereur, grenadier, sabre, saumonette, pêchés par chalutage et menacés en raison de la lenteur de leur cycle de reproduction.
La sole, pêchée par chalutage et dont les stocks sont surexploités.
Le bar, issu d’élevage ou du chalutage. On peut consommer du bar de ligne, qui est cependant plus onéreux.
La raie, surpêchée actuellement alors que c’est une espèce dont la croissance est lente.
Le thon rouge, en voie de disparition ( le thon en boîte est le plus souvent du thon albacore).
La baudroie, encore appelée lotte, pêchée par la méthode du chalutage de fond.

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