Les Océans : histoire et richesses
Entre l’origine de l’eau des océans et la création des fonds océaniques
L’origine de l’eau
Selon certaines hypothèses, il y quatre milliards d’années, l’atmosphère primitive de la terre était constituée de vapeur d’eau (80%) et de gaz carbonique (15%). Notre planète était alors trop chaude pour accueillir l’eau à l’état liquide.
En se refroidissant, l’eau atmosphérique pu se condenser en eau liquide : des précipitations gigantesques s’abattirent pendant des centaines de milliers d’années. Permettant également a la terre de se refroidir, jusqu’au moment où l’eau put ruisseler sur les reliefs, et s’accumuler dans les creux de la jeune croûte terrestre. Se formèrent alors les mares, puis les lacs, puis les mers et enfin les océans.
Une partie de l’eau pourrait aussi provenir des comètes, qui à cette époque bombardaient la Terre.
Voilà ce qui expliquerait l’origine de l’eau sur notre planète. Mais un autre processus important fut mis en marche par la Terre pour créer les fonds océaniques.
Un plancher tout neuf
L’écorce terrestre est un ensemble de plaques. La principale dynamique, dans le cas d’une ouverture océanique, se trouve à la frontière de ces plaques. C’est là que se trouvent les faiblesses de la surface terrestre, là que le magma qui bouillonne en dessous trouve son exutoire.
La remontée du magma mantellique permet la création de matière, de chaque côté des dorsales (chaîne de montagne). Cette matière s’écarte ensuite peu à peu, créant un espace où viendront se loger eau et vie.
Ce processus est aussi à l’origine des déplacements des masses continentales. L’ouverture des océans commence souvent entre deux continents.
C’est le cas par exemple de la Mer Rouge, qui recouvre le rift Africain où se crée de la croûte océanique qui éloigne les pays de la côte Nord-Est du continent Africain (Egypte, Soudan, Erythrée) de la péninsule Arabique en même temps qu’elle sépare les trois plaques africaine, arabique et somalienne.
La croûte océanique (gabbro) à une densité (2,9) plus élevée que la croûte continentale (appelée granite, et de densité 2,7). Cette différence de « poids », ajoutée aux mouvements de convection de l’asténosphére, entraîne les fonds marins sous la croûte continentale, permettant un recyclage permanant de la matière. De sorte que tous les océans sont voués à s’étendre puis à disparaître. En attendant, quand l’eau se loge, ce n’est pas que pour dormir…
Les mouvements de l’océan
Les eaux océaniques sont en constante activité. Notre planète est régie par des courants de profondeur et de surface, directement liés aux vents et aux rayonnements solaires. Cette dynamique océanique à un rôle capital dans l’équilibre de notre écosystème. Elle gère le maintien de notre température moyenne atmosphé-rique et surtout accompagne la migration de nombreux voyageurs marins.
Température et salinité
Le mouvement des eaux océaniques s’explique d’abord par la différence de température entre les eaux chaudes (de surface) et les eaux froides (de profondeur).
A cela s’ajoute la salinité, c’est-à-dire le taux de sel, qui trouve son minimum au équateur avec 34/mille (34g pour 1kg d’eau), et son maximum aux pôles avec 36/mille. Plus le taux de salinité est élevé, plus la densité de l’eau augmente.
Ainsi les eaux chaudes qui arrivent sur l’Arctique, par l’atlantique nord et le Pacifique nord, tentent à se refroidir au contact des eaux froides du pôle. Et s’alourdissent par la charge du sel.
Se crée alors ce mouvement des eaux qui plongent, et qui font discrètement demi-tour, sous les eaux chaudes, vers l’équateur.
La carte des courants maritimes est représentative de la circulation de fond qu’occasionnent la température et la salinité, et montre bien le rôle de l’océan comme transporteur d’énergie.
Quand le vent s’y met…
On trouve cependant des courants locaux dans les eaux de surfaces, à l’origine des vents réguliers de basses altitudes. La houle -ces vagues régulières qui se succèdent en pleine mer- est le témoignage d’une pous-sée incessante dans une même direction.
« Influence de la lune »
L’influence de la lune est sans doute la plus visible à nos yeux, puisqu’elle se traduit par le phénomène des marées. Celles-ci corres-pondent à un mouvement ondulatoire, dont la période va de quelques heures à 24 heures, et qui se manifeste sur le littoral par une mon-tée puis une descente du niveau de la mer.
La vie dans les océans
La vie a su s’adapter à tous les milieux que la planète peut proposer. Et c’est parti-culièrement dans le domaine océanique que ses talents d’adaptation et d’évolution se révèlent. Chez les organismes marins, chaque particularité paraît être une force indispensable pour protéger la vie.
Tous les paramètres qu’abrite l’océan, c’est-à-dire la température, la lumière, la salinité, les courants, le relief, les taux de concentration de molécule, entraînent des milieux très spéciaux, qui sont autant d’endroits où l’on peut découvrir des for-mes de vie particulières.
Zone vitale
Malgré tout, l’abondance et la diversité de vie se trouvent là où il y a l’énergie de base. C’est-à-dire là où il y a de la lumière et ou la mer absorbe l’oxygène et le gaz carbonique nécessaire à la photosynthèse et à la respiration. On nomme cette couche la zone euphotique.
Elle ne dépasse pas les 40 mètres dans les eaux côtières des milieux tempérés, mais peut descendre à plus de 200 mètres dans les eaux claires des tropiques.
C’est ici que l’on trouve la production primaire de matière organique. Le premier maillon de la chaîne alimentaire.
Le schéma ci-contre figure cette chaîne alimentaire et on s’aperçoit que sa survie dépend d’un organisme de départ.
Mais alors quel est cet être vivant en tête du peloton ? Comment assuret-il à lui seul un cycle de vie ?
Vie simple et essentielle
Tout commence par une plante micros-copique unicellulaire appelée phytoplancton (inférieure à un minimètre). La production de phytoplancton, dans la zone euphotique est de plus de dix milliards de tonnes par an.
Par l’intermédiaire des milliers de chloroplastes qui la constituent, elle capte l’énergie lumineuse pour la transformer en une énergie chimique permettant la synthèse des glucides et des acides aminés (matière organique à la base de l’être vivant). Seules les plantes sont capables de réaliser ce prodige.
En contre partie elle libère du dioxyde de carbone, du phosphore et de l’azote qui se dissolvent dans l’eau.
Ainsi par le biais de la nourriture, les ma-tières organiques sont transmise d’abord de la plante à l’animal, puis de l’animal à l’animal.
Cette zone vitale ne représente que 5% de l’océan et pourtant cet espace suffit à nourrir toute la faune marine.
Zone obscure
Les 95% restants ne sont qu’obscurité et profondeur, impropres à la survie du phytoplancton. Et, on a longtemps pensé qu’aucune vie ne pouvait se développer dans ces profondeurs...
Au XIXe siècle, les Britanniques s’intéressent les premiers aux animaux des fonds marins. Ils furent rapidement surpris de découvrir des poissons aux formes inhabituelles.
A la fin du XXe siècle, grâce aux avancées technologiques, les recherches dans les profondeurs se développèrent, les caméras des scientifiques pouvant enregistrer la vie à plus de 1000 mètres de profondeur.
Comment la vie peut-elle exister dans ces milieux si hostiles ? Sans oxygène, et sans lumière.
Une découverte très surprenante vient expliquer le mystère de cette vie.
La matière organique du phytoplancton est consommée par le zooplancton, (animal microscopique). Celui-ci en rejette une partie sous forme de capsule, équipée d’une membrane résistante à la dissolution. Les matières fécales, à la manière d’une neige blanche, descendent dans les fonds océaniques, amenant nutrition aux habitants des profondeurs. Ainsi une vie peut prendre forme grâce à ces composants organiques, source d’énergie.
C’est sans doute pour mieux piéger ces particules alimen-taires que l’appendiculaire s’est façonné sa maison autour de lui, semblable à une nébu-leuse galactique, qui en plus lui sert de filtre.
Dans les profondeurs, les corps sont fragiles et mous. Chaque organisme filtre ses nutriments avec minutie.
Le cycle phosphate-azote.
Une fois consommées les matière fécales sont décomposées en phosphore et azote.
Par le phénomène de remontée des eaux (le upwelling) ces deux composants remon-tent à la surface vers les eaux côtières. Ce qui est primordial car le phosphate, dérivé du phosphore, est indispensable pour la photosynthèse du phytoplancton, pour la génétique, pour la stabilité de l’oxygène atmosphérique et pour la production d’énergie.
Ainsi le cycle continue, nourrissant nos poissons côtiers ou coquillages, en passant par les grands cétacés jusqu’aux créatures des profondeurs océaniques.
On comprend alors que ces créatures des fonds marins, dont nous ignorions encore l’existence il y a cinquante ans, participent au cycle de vie marin. Ainsi même la disparition d’espèces dont nous n’avons même pas connaissance pourraît avoir de graves conséquences sur la vie des océans.
Cycle du carbone atmosphérique
et océanique
La production de matière première, tel le phytoplancton, a également un rôle dans le mécanisme thermique de notre planète.
Via la photosynthèse, il consomme du dioxyde de carbone pour fabriquer son énergie. Ce gaz, qui a la propriété de se dissoudre dans l'eau, fait partie des gaz à effet de serre.
La part de carbone absorbée par plus d’une dizaine de tonnes de phytoplanctons, contribue à la régulation de la température de notre planète.
Si le phytoplancton venait a disparaître, on l'aura compris, c'est le déréglement de toute une chaîne de vie qui s’en suivrait, mais aussi celui du cycle artmosphérique du carbone.
Les mers et océans sont donc une immense mécanique, où chaque élément en fait vivre un autre. D’une importance telle, que sans ces étendues d’eau nous ne serions pas là.
L’indifférence et l’incompréhesion de notre regard nous conduiront à notre perte. Ainsi qu’à celle, bien avant nous, de magnifiques créatures. A l'inverse, si nous regardons avec curiosité, et intelligence, nous ne pouvons que nous sentir unis à cette vie, et respectueux de cet univers.
Nous avons encore bien des choses à découvrir et à apprendre de ce monde marin, si prôche et pourtant si méconnu. Ils nous faut apprendre à vivre en paix avec ses éléments, comme avec le reste de la nature et de l’humanité.
Anaïs Magny
Livre d'Or
Afin de nous encourager, nous soutenir et nous informer, n'hésitez pas à nous laisser des messages.
c'est ici