L'Océan - Une richesse en danger



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Sarkozy : Un nouveau président, mais pas de révolution écologique ?
Ce dimanche 6 mai 2007, les Français ont élu un nouveau président de la République. Ce choix va entraîner de nombreux changements dans tous les domaines politiques : économie, service public, santé, éducation, solidarité, culture, social, etc.
Mais y aura-t-il des changements dans le domaine de l’environnement ? En fonction des promesses électorales, des actions passées et des comportements face à l’environnement du nouveau président, nous allons essayer de répon-dre à cette question en tentant de rester objectifs.

La campagne présidentielle
La campagne de Nicolas Sarkozy n’a que peu insisté sur les problèmes environnementaux, laissant place à des sujets que l’homme politique a plus appris à connaître au cours de sa carrière (voir sa biographie).
Comme beaucoup, il a signé le pacte écologique de Nicolas Hulot, s’engageant ainsi à mettre l’environnement dans chaque future décision politique, à nommer un éventuel Vice-Premier Ministre de l’environnement, à mettre en place une taxe sur les produits émetteurs de CO2. Mais, aucune de ces mesures ne semble devoir être mise en place.
Lors du débat télévisé du 02 mai, quelques minutes furent consacrées à l’écologie, quelques minutes durant lesquelles Sarkozy fut mis en difficulté. Même s’il s’est engagé vaguement sur une taxe contre les émissions de Gaz à effet de Serre, il était loin d’être au point sur la question du nucléaire et de l’EPR. Il annonça que la France avait la moitié de son énergie d’origine Nucléaire, en répondant à la question de Ségolène Royal, qui, elle, donnait 17% d’origine nucléaire (ce qui correspond en fait à la part du nucléaire dans toute l’énergie consommée en France). Les 50% déclarés par Sarkozy ne correspondent en fait à rien du tout, puisque la bonne réponse était 80% de l’électricité produite en France proviennent des centrales nucléaires. Concernant l’EPR, techno-logie de réacteur nucléaire à eau pressurisé, lancé en avril 2007, Nicolas Sarkozy prétendait qu’il s’agissait de la 4ème génération de réacteur, alors que l’EPR est un projet de la 3ème génération.
Il ne s’agit ici que d’erreurs de chiffre et d’appré-ciation, mais ces erreurs démontrent les lacunes du nouveau président en matière d’écologie.

Pour être le plus objectif, tenons-nous en à l’évaluation des candidats en matière d’envi-ronnement par l’Alliance pour la planète, qui fédère plus de 70 associations. Ce classement, qui plaçait en tête Voynet, Bové, et Royal, avec respectivement des notes de 17,5/20, 16/20, et 16/20, se basait sur les propositions proposées par les associations écologiques, et les attentions que portaient les candidats dans leur programme et leur campagne. Nicolas Sarkozy, tout au long de la campagne, n’a jamais dépassé la note de 8,5/20.

Le programme de l’UMP, parti de Sarkozy
Regardons alors de plus près le programme de l’UMP concernant l’environnement :
+Assurer l’isolation de tous les logements anciens par la création d’un prêt à taux zéro.
+Créer une pastille bleue pour les véhicules propres, offrant un stationnement urbain gratuit, ou à des réductions aux péages, etc.
+Privilégier le fret ferroviaire, le ferroutage, les canaux et les autoroutes de la mer, plutôt que le transport routier, pour les transports longs.
+Créer un grand ministère de l’Écologie, regroupant l’Énergie, l’Environnement, les Transports, l’Équipement et la Prévention des risques industriels.
+Développer une politique d’achats publics éco-responsables, afin de faire baisser les prix des produits verts.
+Donner un droit d’accès des citoyens aux informations en matière de sûreté nucléaire et de radioprotection.
+Donner aux communautés urbaines la possi-bilité d’édicter des normes en matière d’aména-gement des entrées de ville.
+Transférer une partie de la fiscalité portant sur le travail sur la fiscalité écologique.
+Créer un crédit d’impôt-environnement pour les dépenses des entreprises et des ménages consacrées aux domaines de l’écologie.
+Défiscaliser intégralement les biocarburants.
+Créer des tarifs en matière d’eau, d’électri-cité et de ramassage des déchets incitant les ménages à adopter des comportements vertueux.
+Établir par décret une liste des pesticides ayant un impact sur la santé, et en informer les consommateurs.
+Créer une agence mondiale de l’environne-ment dotée de pouvoirs de contrainte.
+Créer la taxe Cambridge, qui consiste à taxer les produits importés de pays non soumis à des obligations de réduction des émissions de gaz à effet de serre.

Un programme qui aborde donc plusieurs thèmes environnementaux, et qui tente d’y apporter des solutions souvent basées sur des incitations fiscales, la favorisation des achats, ou des pressions financières. Retenons comme mesures importantes et applicables dans les prochains mois : la création d’un grand ministère de l’environnement (mais pas d’un Vice Premier-Ministre), la responsabilisation des achats publics, la défiscalisation des biocarburants.

Rappelons maintenant quelques oublis importants de ce programme :
+développer les transports collectifs
+Soutenir les énergies renouvelables
+Remettre en question, par des débats et un référendum, la politique énergétique pro-nucléaire de la France
+Appliquer le principe pollueur-payeur
+Soutenir un développement, y compris au niveau européen, d’une agriculture propre.
+Arrêter la culture des OGM en plein champ
+Soutenir clairement la création d’une Organisation Mondiale de l’Environnement (OME)

Le nouveau président ne semble pas un expert dans le domaine environnemental, mais certains diront qu’on ne peut le lui reprocher, et qu’il peut s’entourer de personnes compétentes. Néanmoins le programme ici présenté est celui que l’UMP, et donc logiquement du futur ministre de l’environ-nement, s’est engagé à mettre en place.
Et ce programme est avant tout basé sur l’aménagement, certes dans une bonne direction, du développement économique et de la valorisa-tion des engagements individuels. Mais les grandes questions de société, demandées par une majorité des citoyens, sur les OGM, le nucléaire, le réchauffement climatique, etc. ne sont pas abordées. Aucun changement de fond, et aucuns grands engagements politiques ne sont encore proposés en matière d’environnement.
Quand les citoyens et les politiques compren-dront-ils que ces questions environnementales ne sont plus des sujets complémentaires, mais bel et bien les enjeux de la survie de notre planète ?

William Cherbonnier

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