Les Hydrocarbures



Angers : De l’incinérateur au Tri Mécano-Biologique
Problématique des déchets

Angers et les 31 communes de l’agglomération pro-duisent chaque année de plus en plus de déchets. Conséquences on se retrouvera bientôt avec 157 000 tonnes de déchets à traiter par an. Un projet d’installer un incinérateur à Saint-Barthélémy d’Anjou apparaît alors sur le PLU (Plan Local d’Urbanisme) soumis à l’enquête publique du 07 novembre 2005 au 16 décembre 2005, plusieurs associations et particuliers ont très rapidement manifesté leur mécontentement vis-à-vis de l’implantation de cette structure dans l’agglo-mération.

Le 16 décembre prochain les élus doivent voter mais d’après ce qui se profile il semble bien que l’idée d’un incinérateur ait été abandonnée. Néanmoins il faut bien traiter ces déchets, quelle autre solution a donc été choisie ?

Faisons ici un point sur les divers procédés de traitement des déchets possibles.

Qu’est ce qu’un Incinérateur

Dans un incinérateur :
30% de ce qui brûle se retrouve sous forme de cendres riches en métaux lourds nocifs tels que le plomb et le cadmium vendus ensuite aux entreprises de travaux publiques. Beau cadeau aux générations futures !!!
Une quantité substantielle de micropoussières fortement contaminées par la dioxine se répand dans l'atmosphère.
La cheminée faisant 75 à 100m de haut lui permet de disperser les déchets toxiques dans la plus large zone possible. Néanmoins, il faut noter que les capteurs
- installés à un tiers de la hauteur de la cheminée - annoncent souvent des quantités d’émission de matières toxiques supérieures à celles demandées par les normes européennes et prévues par les concepteurs.
Par exemple, à l’incinérateur d’Arrabloy (Loiret) qui traite les ordures ménagères de la communauté de communes de Gien, il a été enregistré pendant 5 mois (d’août 2004 à Janvier 2005) des taux de dioxines de 2 000 à 6 800 fois supérieurs à la norme fixée par la législation.

Les élus plus que nous sont bien au courant de tout ceci mais ces déchets il faut bien les traiter et d’autre méthodes existent. D’autres méthodes que l’OMS, par exemple, préconise fortement.
Au début du projet, l’incinération semblait la solution la plus facile car utilisée partout et surtout d’un coût financier bien moindre.



Tri Mécano-Biologique

La solution préconisée par des experts pour éliminer les 91000 tonnes d’ordures fut le tri mécano-biologique. Ce procédé permet de recycler une partie des ordures ménagères en énergie ! Mais une partie seulement.
Le tri biomécanique permet de séparer les déchets organiques des autres pour pouvoir les valoriser ensuite. Une succession de criblages permet autant que possible de séparer des indésirables de la fraction organique. Cette partie est dirigée vers une unité de méthanisation et de compostage. Le grand intérêt de ce procédé réside dans la création de ce gaz hydrocarbure, source d’énergie potentielle.
Il s’agit d’un traitement anaérobie des déchets fermentescibles qui a les avantages suivants :
Production de digestat (compost désodorisé et hygiénisé) pouvant servir comme amendement organique pour les cultures espaces verts, parcs et jardins…
Le biogaz composé de 60% de méthane offre plusieurs possibilités de valorisation énergétiques.
Les eaux qui représentent 20 à 40% sont traitées et décantées avant d’être rejetées à la nature.

Tout ça est bien beau mais il reste une partie résiduelle qui représente plus de la moitié des déchets pour lequel on n’a pas de solution. On continuera donc à incinérer ou à les enfouir, ce qui pose d’autres soucis. Le problème n’est donc résolu qu’à moitié. La date de mise en marche de ce système est prévue en 2010 qui correspond également à la date de fermeture de l’usine d’incinération.

Que faire ?

Tant qu’il y aura des déchets il est bien évident qu’il va falloir les traiter. Des déchets ménagers il y en aura toujours, mais il est indispensable pour tout à chacun de faire un effort dans le tri mais surtout dans la production même de ces derniers, évitons par exemple l’utilisation abusives d’emballages de certains industriels).


Du diagramme ci dessous il semble que la population soit de plus en plus consciente des nuisances environ-nementales et que a contrario de plus en plus de déchets sont produits.

Des actions comme celles ayant conduit les autorités locales à se rétracter et à éviter la solution économique et uniquement économique sont à saluer. Angers Loire Métropole va servir de modèle prospectif à la première étude française sur la gazéification (autre technique) lancée par l’ADEME (fin octobre 2006). Parallèlement des études sur les solutions d’enfouissement technique sont toujours en cours de réalisation.

Hamedine Wane

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