Vendre des produits “écolos” (interview)
Lignes d’Horizons : Bonjour, avant tout, pouvez-vous vous présenter à nos lecteurs.
Jean-Baptiste Mettra : Bonjour, je m’appelle Jean-Baptiste, j’ai 25 ans, je suis angevin, et je travaille pour la société LOBIAL qui commercialise des solutions de traitements biologiques pour les effluents organiques et de détergence verte dans le but de participer à une meilleure gestion qualitative de l’eau. L’impact environnemental se mesure par une meilleure gestion des rejets et une faible écotoxicité grâce à l’utilisation de produits d’entretien d’ori-gine végétale.
Après une formation commer-ciale, j’ai travaillé pendant deux ans pour une centrale d’achat avant d’intégrer cette société au mois de juin dernier.
LH : Pouvez-vous décliner les activités principales de votre société ? Les partenaires ?
J-B. M. : La société est présente dans trois domaines d’activité différents avec la gestion de l’eau comme problématique centrale :
Fabrication de traitements biologiques (à base de bactéries) pour les réseaux d’as-sainissement non collectif de type fosses septiques et toutes eaux, mais aussi pour les bacs à graisse (bac de rétention des graisses en restauration et agro-industrie), les réseaux d’assai-nissement des eaux usées, les stations d’épuration.
Fabrication de produits d’entretien écologique certifiés de l’Ecolabel Européen : cette gamme est composée de huit produits qui sont aujourd’hui commercialisés auprès des pro-fessionnels (sociétés de netto-yage, restauration, hôtellerie). Nous fabriquons aussi des détergents pour des grands distributeurs.
Fabrication de solutions naturelles pour la lutte contre l’Eutrophisation, des traitements biologiques qui permettent de rétablir un équilibre au sein d’un écosystème aquatique (dégradation des algues, oxygénation du milieu…)
Ces différentes gammes permettent aux utilisateurs de moins polluer avec l’utilisation de produits d’entretien écolo-giques en amont et d’épurer les effluents organiques (boues, graisses…) avec des solutions biologiques en aval.
LH : Vous avez accepté une interview de notre magazine, dont les objectifs sont de faire découvrir notre planète, de dénoncer les menaces écolo-giques qu’elle doit surmonter. Pensez-vous que ce genre de combat soit vain ou qu’en disséminant quelques informa-tions chacun peut participer à notre avenir ?
J-B. M. : Non je pense que chacun doit agir et changer ses habitudes, même ne serait-ce que des petits gestes basés sur des mauvaises habitudes. Dans ce sens je pense que votre travail de sensibilisation est très important afin d’informer et de responsabiliser les gens. Comme on l’entend un peu partout, il y a des petits gestes qui à l’échelle de la population mondiale peuvent avoir des répercussions très positives dans la préservation de notre planète.
Plusieurs problématiques environnementales sont mal-heureusement à prendre en compte et nous participons à certaines d’entre elles dans notre activité :
Les formules de nos produits sont composées de tensioactifs d’origine végétale ; cela nous permet d’utiliser du carbone renouvelable et donc de ne pas participer à l’augmentation de l’effet de serre. De plus les produits ont une plus forte biodégradabilité et polluent moins : dire qu ils n’ont aucun impact serait mentir, cette solution est dite meilleure car plus écologique. Aucune solution n’est parfaite, l’objectif est de trouver la plus adaptée car toute activité humaine a une répercussion sur notre environnement.
Une autre problématique où nous cherchons des solutions est celle de la gestion des déchets : tous les emballages sont recy-clables, séparables facilement. Nous avons aussi mis au point un système de recharge en Bag In Box (emballage utilisé pour les nouveaux cubis de vin) et donc d’avoir cinq fois moins de plastique qu’un bidon traditionnel pour la même contenance.
LH : Pouvez-vous expliquer à nos lecteurs, succinctement, quelles sont les origines de la pollution des eaux ?
J-B. M. : Les principales pollutions proviennent des rejets issus des différentes activités humaines ; de l’industrie, de l’agriculture, de l’élevage mais aussi des rejets domestiques (à ce propos la présence de phosphates dans les lessives liquides sera interdite à partir de juillet 2007). Les répercussions de ces activités se traduisent par la diffusion de graisses, d’hydrocarbures, des métaux, des produits chimiques, des matières radioactives dans l’eau.
LH : Quelles sont les solutions proposées par votre entreprise ?
J-B. M. : Nous proposons d’utiliser des produits ou traitements biologiques qui auront moins d’impact sur l’environnement mais aussi moins toxiques pour les utilisateurs car ils sont issus de matières premières végétales et d’huiles essentielles.
LH : Comment sont accueillis vos produits par les personnes que vous démarchez ?
J-B. M. : Les produits d’entretien écologique ont pendant longtemps subi une image de produits inefficaces car chaque fabricant élaborait ses produits selon son propre cahier des charges. Aujourd’hui la mise en place de l’Ecolabel, label européen délivré en France par l’AFNOR permet d’avoir pour les clients une garantie ; sur l’origine végétale des composés utilisés, sur l’impact environnemental du site de fabrication (puisqu’il est audité), ou sur l’efficacité du produit (car pour obtenir le label ceux-ci doivent être au moins aussi efficaces que ceux à base pétrochimique). Ainsi de plus en plus de collectivités incluent des critères environnementaux dans leurs appels d’offres d’achats de produits d’entretien car l’ecolabel est préconisé par les guides d’achats publics.
En ce qui concerne les utilisateurs, nous avons de très bons retours sur les produits. Ils sont moins agressifs, aucun produit n’est classé irritant ou dangereux, et beaucoup plus agréables à utiliser du fait de la présence d’huiles essentielles.
Lignes d’Horizons propose également quelques questions récurrentes à ses invités, dont la première est la suivante : Dans votre secteur d’activités ou dans votre vie, avez-vous rencontré un problème écologique très marquant ?
J-B. M. : Pas spécialement, mais ça m’énerve de voir des gens qui jettent leurs mégots de cigarettes, des voitures qui polluent deux fois plus du fait de leur mauvais entretien, un gros gaspillage de l’eau.
LH : Personnellement, si vous acceptez le fait que notre planète semble aller vers un avenir des plus sombres, avez-vous une solution miracle, même utopique, ou des pistes à suivre pour inverser cette tendance.
J-B. M. : La solution miracle pour un problème aussi com-plexe et aussi avancé n’existe pas. Il y a par contre des solutions qui nous demanderont de nous adapter dans les domaines où l’impact environ-nemental est élevé comme le transport. Le problème étant que notre économie mondiale est basée sur le pétrole et qu’ aujourd‘hui même si la prise en compte de son impact est grandissante (mise en place de livret d’épargne pour les achats eco responsables, les nouveaux contrôles énergétiques des habitations, la mise en place du bio éthanol), les reformes qui feront inverser la tendance restent entre les mains des politiques.
En attendant chacun doit prendre en compte les effets et conséquences de ses petits gestes ou déplacements dans sa vie de tous les jours.
LH : Comment imaginez-vous notre planète dans 25 ans, et au delà ?
J-B. M. : Je l’imagine toujours aussi belle dans mon idéal, mais si on écoute les spécialistes scientifiques le constat pourrait être désastreux.
LH : Y a-t-il quelque chose que vous souhaiteriez ajouter avant que nous terminions ?
J-B. M. : Non car je suis overbooké et j’ai du retard dans mon planning, donc là je dois vraiment y aller.
L’équipe d’Horizon, et ses lecteurs, vous remercient d’avoir participer à cette interview, et d’avoir partager avec nous vos connaissances. Nous vous souhaitons bon courage pour vos activités futures.
interview réalisée par
Django Janny
Livre d'Or
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