Economie et Environnement



Lier l'économie à l'environnement...
Il est aujourd’hui évident que l'économie va devoir faire face à de sérieuses dépenses liées aux problèmes environnementaux. Comment répondre aux multiples défis du changement climatique, de la crise énergétique, de l'extinction des espèces, de l'épuisement des ressources, de la raréfaction et de la contamination de l'eau potable, des pollutions chimiques, des maladies émergentes… et de leurs conséquences en terme de modes de production, d'emploi, d'alimentation, de santé, de logement, de transport, d'éducation, d'immigration, d'aide aux pays du Sud.

Des constats

Une question se pose aujourdhui : peut-on continuer à surexploiter nos ressources, au détriment, non seulement de notre planète, mais aussi de notre société ?
Il se dégage en effet dans nos sociétés modernes deux problèmes économiques dominants et incontournables :
D’abord, la nécessaire réévaluation des ressources communes (bois, eau, charbon) en prenant en compte les coûts environnementaux qu'implique leur surexploitation (dégâts dus au climat, pénurie des ressources, etc.) et des biens de consommation, en fonction de la pollu-tion qu'ils engendrent.

Ensuite, le besoin, plus préoccupant pour la population, de s'interroger sur la manière dont s'or-ganise la répartition des coûts dus aux dommages environ-nementaux, ou à la pré-vention pour limiter ces dommages. (Qui paye les dégâts climatiques, qui paye la dépollution, qui paye les entreprises pour polluer moins etc.…)

Il faut, dans un premier temps, diagnostiquer les principales causes de la dégradation de l'environnement, et les effets déjà visibles.
Les principales causes de la dégradation environnementale sont schématiquement identifiées par trois facteurs principaux dont l'importance respective varie selon les pays.
-Taille de la population
-Niveau Individuel moyen de consommation
-Nature de la technologie

Dans les pays en développement (PED), le problème majeur est démographique.On compte 6 milliards d'hommes sur la planète, les prévisions annoncent 10 milliards d'habitants pour la fin du siècle prochain, et l'essentiel de cette augmentation se trouve dans les PED.
Cette croissance renforce des besoins plus grands en nourriture et chauffage, qui conduisent en particulier à une déforestation de plus en plus importante.
A l'époque de la révolution agricole, la forêt s'étendait à la surface de la terre, sur 6 milliards d'hectare. Elle en couvre moins de 4 milliards en 2003, plus de la moitié de cette diminution ayant eu lieu dans les cinquante dernières années.
Les conséquences de ce phénomène sont multiples (pertes de la biodiversité, minéra-lisation des sols, modification climatique) et induisent des coûts qui en font un problème économique pour les PED mais aussi pour la planète entière.

Dans les pays industrialisés (PI), le comportement de consommation est l'une des principales causes de la dégradation environnementale. C'est à nous que revient le problème de l'effet de serre, du trou dans la couche d'ozone. C'est également les PI qui surexploitent les ressources naturelles épuisables (charbon, pétrole, gaz…) et renouvelables (forêt, poisson…).
Les habitants des pays industrialisés, représentant moins de 30% de la population mondiale, consomment l'essentiel des ressources environnementales.
Ils émettent également 70% des émissions de dioxydes de carbones (CO2) ainsi que la plupart des chlorofluorocarbones (CFC).

Les pays industrialisés (Nord) ont une consommation excessive des ressources environnementales extraites à un rythme trop important dans les pays en développement (Sud). D’autre part les pays en développement subissent une croissance du taux démographique inquiétant à travers l'augmentation de leurs besoins surtout s'ils adoptent notre comportement.

Si la chine connaissait le même taux d'équipement automobile que les Etats Unis, la production mondiale de pétrole suffirait à peine à faire rouler toutes les voitures chinoises.

Il convient donc de mettre en place une politique économique adaptée, qui permettrait de réguler l'exploitation des ressources, de diminuer la pollution et de promouvoir un autre exemple de système économique aux pays en développement.

Des solutions

La première solution, selon les économistes, serait de réévaluer les ressources, c'est-à-dire ré-estimer leur prix pour diminuer l'exploitation ou la consommation.
Cette partie est très intéressante car elle suscite fortement une remise en cause sur le fonctionnement du système, et des décisions politico-économiques.

Le problème majeur se trouve dans un terme barbare : l' externalité. Pour l'expliquer prenons un exemple simple :
Imaginons un pré avec une certaine quantité de fourrage (herbe). Dans ce pré, des moutons,
10 appartiennent au propriétaire A, et 10 au propriétaire B. Le système est fait de manière que si le propriétaire A décide de rajouter un mouton, il paye le coût de son mouton, et bénéficiera tout seul du gain de sa vente, mais le coût sup-plémentaire dû à la raréfaction du fourrage est divisé en deux (Propriétaire A et propriétaire B).
Ainsi l'éleveur perçoit peu les dommages qu'engage sa décision. On parle dans ce cas
d'externalité. Chacun des éleveurs a plus d'intérêt à rajouter des moutons jusqu'à l'épuisement total du fourrage, qu'à limiter son cheptel. Cela aboutit à la tragédie des biens communs.
C'est ce qui se passe également pour les ressources halieutiques maritimes, où chaque pêcheur capture de plus en plus de poissons, prenant en compte que le prix du nouveau matériel, plus grand et plus performant, sans prendre en compte des dommages qu'ils occasionnent sur la destruction des fonds marins et sur la raréfaction du poisson.
Cette externalité rentre aussi dans nos vies quotidiennes, car nos moindre faits et gestes ont un coût pour nos collectivités, souvent supérieur à ce que l'on pense.

Mais attention, la réévaluation des ressources soulève un autre problème : Le droit de propriété.
Nouvel exemple : Si une forêt est abattue, son seul coût pris en compte est celui de l'abattage des arbres, et n'inclut pas le coût dû à la plantation des jeunes pousses, à la perte de la biodiversité, aux dégâts du changement climatique, etc.
Dans la situation ci-dessus, la forêt est dite
“ ressource commune ”. C'est-à-dire qu'elle n'appartient pas à un propriétaire bien défini mais plutôt qu'elle est propriété d'un groupe plus ou moins précis. Les ressources deviennent en accès libre, que chacun peut venir exploiter sur le mode du “ premier arrivé, premier servi. ”
Cette situation est fréquemment retrouvée dans les pays du Sud.

Ainsi la réévaluation des ressources porte des enjeux importants : d'un point de vue politique, car elle remet en cause les décisions des gouvernements sur le statut des ressources, et sur leur pouvoir à les surexploiter.
Et d'un point de vue économique et social, car le but final de cette re-évaluation est de diminuer les externalités, en augmentant le prix des ressources, ou des biens consommés.

Le coût

Cela paraît inévitable de redonner une vraie valeur à notre environnement, ne serait-ce que pour la protéger. Mais Comment va s'organiser la répartition les coûts ? Qui va payer pour sauver l'environnement ?
Plusieurs possibilités sont employées, ou peuvent être mises en place pour préserver notre planète. Mais sont-elles seulement efficaces ?

Les normes quantitatives : elles permettent de réguler le nombre d'exploiteurs sur une ressource, la quantité extraite et la quantité de pollution émise dans l'environnement.
Les taxes : elles sont attribuées lorsque ces normes ne sont pas respectées. Le pollueur paie une taxe qui visera à compenser le préjudice subi par le pollueur. Notons qu'en France, la taxe n'a pas de but précis et se perd dans le géantisme budget de l'état.
Les primes sont de deux types. Les primes à la modernisation de l'appareil de production. Dans ce cas le pollué paie une prime qui doit aider le pollueur à améliorer ses installations et donc à moins polluer. Et les primes au non-pollueur. On félicite les entreprises les moins polluantes en leur versant une prime.

Toutes ces possibilités mises ensemble doivent respecter le principe pollueur-payeur.
Ce principe est à double versant. Dans l'optique, il vise à faire payer au pollueur une taxe en fonction de la quantité de pollution émise ou de ressource extraite. Ce principe vise à encourager les entreprises à investir dans un matériel de dépollution plutôt que continuer à payer des taxes.
Mais en fait, la réalité est telle que les taxes que subit le pollueur sont répercutées sur le prix du produit qu'il vend.
La hausse des prix fait baisser la demande, diminuant ainsi la pollution émise. Dans ce cas l'entreprise n'a pris aucun moyen pour décroître son taux de pollution ou d'exploitation.
Le phénomène est alors inversé et devient le principe non-pollueur payeur.
Celui qui ne veut pas que son environnement soit pollué doit payer pour que le pollueur ne pollue pas.
C'est précisément, en France, le rôle des agences de l'eau. Le consommateur final paie une taxe sur l'eau pour permettre aux industries polluantes de moderniser leur installation.
Une Conclusion ?

Il se trouve une évidence : un grand nombre des ressources renouvelables (eau, bois, biodiversité, etc.) sont déjà rares, quant aux ressources épuisables (pétrole, gaz, charbon, etc.), elles vont pour la plupart disparaître dans les décennies à venir. En contre partie d'une diminution des ressources, on s'entasse sous des millions de tonnes de déchets.

Se pose alors une alternative économique :
Rester dans une économie linéaire, qui est actuellement la nôtre. Dans ce cas notre machine infernale continue son fonctionnement. D'un côté, elle consomme toutes les ressources, les transforme en produit consommable, puis, de l'autre côté, rejette des tonnes de pollution sous différentes formes. Dans ce cas, il ne nous reste plus que 50 ans avant l'épuisement du gaz naturel, 36 ans avant la fin des stocks de pétrole, tandis que 15 millions d'hectares de forêt (deux fois l’Irlande) seront détruits chaque année, et que 105 millions de tonnes de CO2 vont être rejetées tous les ans. Et notre mentalité de citoyen continuera à trouver son bonheur dans la surconsommation des biens.
Ou bien… Substituer notre économie linéaire à une économie circulaire, renversant la logique des industries qui ne serait plus de produire pour produire mais de réduire, récupérer, réutiliser, réparer, refabriquer, recycler ; de transformer les déchets en ressources, les matiéres utilisées en matiéres premières.
Cette économie amène à une décroissance loin d'être négative pour notre environnement et notre société. Cela induit une notion de durabilité et d'échange. La durée de vie d'un produit se verrait augmenter au lieu de son obsolescence planifiée. Le développement d'une synergie entre les entrprises peut prendre naissance (utilisation des poussières d'acier pour la fabrication de pigment, des boues de station d'épuration pour la création de brique, etc). Finalement c'est nous améner à une vie plus proche de son voisin, et plus proche de sa nature.
C'est ramener la générosité au premier plan et diminuer notre individualisme…
Alors ? Quel avenir ?

Anaïs Magny


Sources
- HULOT Nicolas, Pour un pacte écologique, calmann-lévy
- ROTILON Gilles, Economie des ressources naturelles, La Découverte, " Repère ", 2005
- BONTEMS Philippe, ROTILLON Gilles, Economie de l'environnement, La Découverte,
" Repères ", 2003

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