Chine et électricité



L'électricité chinoise sera-t-elle écologique ?
Une croissance ingérable

Il n'est plus besoin de revenir sur l'impressionnant développement économique de la Chine ces dernières années (une croissance de 9% prévue pour 2005). Si nombre journaux et experts s'inquiètent pour l'économie mondiale, ou plutôt occidentale, les aspects environnementaux d'un tel accroissement de l'industrie et des besoins individuelles semblent tout aussi important.
Les besoins de la Chine sont en train de croître comme on ne l'a jamais vu dans l'histoire de notre planète. La consommation de pétrole a grimpé de plus de 10% en 2003, soit le tiers de la croissance mondiale totale. La Chine devenant ainsi le deuxième plus grand consommateur au monde après les Etats-Unis. Quant aux besoins en énergie électrique, il est prévu qu'ils augmentent de 15% cette année. Face à une telle demande le réseau électrique chinois n'arrive plus à fournir. A la fin 2004, la puissance installée totale des centrales électriques du pays a pourtant atteint 440 millions de KW (le parc français étant aujourd'hui de 90 millions de KW). La pénurie d'électricité se fait alors sentir dans beaucoup de région. 24 des 31 provinces et municipalités de la partie continentale de la Chine ont souffert de pénurie d'électricité en 2004, contre 19 en 2003. Si la situation demeure tel quel, les coupures pourront dépasser le seuil d'un jour par semaine fin 2006. Face à ses risques, le gouvernement a décidé depuis plusieurs années de lancer des projets, parfois pharaoniques, pour répondre aux besoins du développement du pays.


A la recherche d'électricité

Avec l'aide des étrangers, notamment français, la Chine veut réorganiser son réseau électrique et accroître sa production.
En effet l'un des premiers problèmes du pays est géographie. Le développement économique se fait largement à l'Est et au Sud tandis que les ressources énergétiques se trouvent au Nord pour le charbon, à l'Ouest et au Centre pour les barrages hydro-électriques. Les capacités de transport doivent alors être augmentés et surtout des interconnexions entre les réseaux autonomes qui partagent le pays doivent être créés. C'est ainsi que début Mai la filiale d'EDF chargée de gérer des lignes à haute tension, la RTE, a passé avec son équivalent chinois un accord de coopération afin de gérer son réseau de transport électrique.

Le gouvernement chinois a également lancé depuis plusieurs années de nombreux chantiers pour augmenter la production électrique du pays. Les projets se concentrent sur trois types de centrales.
Il s'agit d'abord de développer et de remettre aux normes environnementales les centrales au charbon, ressource que la Chine possède en grande quantité dans des mines à ciel ouvert. En 2020, il est prévu qu'elles assurent 75% de la consommation énergétique. Il est indéniable que pour la protection de notre environnement, pour la lutte contre l'effet de serre, ce chiffre apparaît comme complètement irréaliste. Le gouvernement chinois vous répondra alors que d'autre type d'énergie plus « propre » sont en voix d'augmentation.
Il désire en effet que les centrales hydrauliques assurent 20% de la consommation, les experts estimant que seulement un quart des ressources hydrauliques sont utilisés. Après la mise en place définitive en 2009 du barrage des Trois-Gorges, Pékin vient de lancer deux autres projets en amont du site, pour atteindre un équivalent de production d'une douzaine de grosses centrales nucléaires. EDF et Alstom participant bien évidemment à ces projets.
Les centrales nucléaires étant l'autre espoir de la Chine pour répondre à ces besoins. Si elles ne fournissent aujourd'hui que 1,8 % de la consommation énergétique, elles devront fournir en 2020 entre 4 et 5 %, et ceux grâces à la construction de 30 à 40 centrales nucléaires. Un programme sans précédent dans l'histoire du nucléaire. La France tient à participer à ce « grand projet », et la visite officielle en Chine du Premier Ministre français, Jean-Pierre Raffarin, n'était pas simplement de courtoisie. L'autre grand espoir de la France étant que la Chine continue de soutenir le grand projet de l'EPR, réacteur nucléaire de troisième génération (faire un cadre sur le sujet), et sont implantations en France.

Pour répondre à l'augmentation croissante de sa consommation électrique, la Chine mise donc sur les centrales au charbon, qui apparaissent aux yeux de tous comme les plus polluantes pour notre atmosphère, sur les centrales nucléaires, dont le problèmes des déchets qu'elle produise est bien connu en France, et enfin sur les centrales hydrauliques, qui apportent à leur tour leurs lots de problèmes tant sociaux qu'écologiques (des régions entières englouties, obligeant de déplacer entre 1 et 2 millions de chinois ; des écosystème complètement bouleversé).
Face à de tel choix, apparaissant aujourd’hui presque incompréhensible, il semble que certain membre du gouvernement chinois, et que certains pressions, ou initiatives individuelles ou locales, laisse entrevoir de maigre espoir.
En effet dans les même temps que des contrats pour des centrales nucléaires sont signés, ou que des projets dangereux pour l'environnement sont lancés, un texte oblige les distributeurs chinois d'électricité à acheter à partir du 1er janvier 2006 du courant produit à partir de sources d'énergie renouvelable à des prix fixés par le gouvernement.
La Chine abritant en effet quelques projets prônant l'utilisation des sources d'énergie renouvelable, ou réellement propre.

William Cherbonnier




Vos commentaires et encouragements

Livre d'Or
Afin de nous encourager, nous soutenir et nous informer, n'hésitez pas à nous laisser des messages.
c'est ici